* Le Canada a joué un rôle important dans la recherche, la production et la mise à l’essai de nouvelles armes utilisées contre l’Irak en 1991. En particulier, mentionnons le système de guidage du missile de croisière produit par Litton Industries en Ontario ; les essais de ce missile dans le nord de l’Alberta, contre la volonté de la population canadienne ; la recherche sur les explosifs gazeux (’fuel air explosives’) à l’Université McGill.
* Le Canada s’est engagé dans l’alliance des trente-deux pays qui a attaqué l’Irak en 1991 sans véritable consultation de la population canadienne. Il y a participé avec des effectifs militaires inférieurs seulement à ceux des USA, de la Grande-Bretagne et de la France, apportant notamment un soutien logistique aux bombardements et y participant même de plein pied dans les dernières semaines.
* Par la suite et jusqu’à aujourd’hui, il a exprimé son soutien aux bombardements des USA et de la Grande-Bretagne dans les zones d’interdiction aériennes du Nord et du Sud de l’Irak, zones décrétées unilatéralement par ces deux puissances. Ces bombardements sont demeurés quasi-quotidiens depuis décembre 1998.
2. Participation à l’embargo
* Le Canada appuie la résolution 661 du Conseil de sécurité des Nations unies (6 août 1990) qui instaure un embargo général, commercial, financier et militaire contre l’Irak et le Koweït ainsi que les résolutions suivantes qui le maintiennent.
* En janvier 1999, il propose au Conseil de sécurité la création de trois groupes d’experts : le premier pour évaluer l’ampleur du désarmement en Irak, le second pour évaluer la situation humanitaire et le troisième pour évaluer l’observation par l’Irak des résolutions du Conseil de sécurité en ce qui a trait aux prisonniers de guerre koweïtiens et aux indemnités liées à la ’Guerre du Golfe’.
* Membre du Conseil de sécurité depuis janvier 1999, le Canada vote en faveur des résolutions prolongeant le régime de sanctions contre l’Irak.
* À titre de président du Conseil de sécurité en avril 2000, le Canada se contente de proposer de nouvelles études sur l’impact des sanctions sur les populations civiles et les modalités d’application de sanctions plus ’intelligentes’.
* En juin 2000, le Canada envoie dans le golfe arabo-persique la frégate canadienne HMCS Calgary aux côtés des forces américaines pour surveiller l’application de l’embargo contre l’Irak : 235 militaires à bord, pour un coût annuel de 35 millions de dollars.
* Déclaration du Ministre de la défense Art Eggleton : "Le Canada a participé à l’imposition des sanctions des Nations unies contre l’Irak depuis dix années et notre contribution est considérée essentielle par nos alliés. Cette opération développera davantage les relations militaires du Canada avec les États-Unis et réaffirme notre engagement pour la paix et la stabilité dans cette région" (12 avril 2000).
* Le Forum national de 1999 du Centre Canadien pour le développement de la politique étrangère a recommandé que le Canada défende aux Nations unies et dans d’autres organismes l’idée d’un programme davantage axé sur les questions relatives à la sécurité humaine et a suggéré de façon particulière de suivre de près l’impact que peuvent avoir sur la sécurité humaine les sanctions imposées par les Nations unies à des pays comme l’Irak (Saint Johns, 1999).
3. Déclarations pacifistes, "sécurité humaine" et protection des enfants ?
* Réponse-type de Lloyd Axworthy aux critiques de la politique canadienne concernant l’Irak : ²Le gouvernement canadien partage vos préoccupations quant au sort de la population canadienne... Le Canada était un ardent défenseur de la résolution 986 (pétrole contre nourriture) ... L’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans demeure très préoccupant ... La dégradation des systèmes d’eau et d’égout en Irak constitue un facteur contribuant à entretenir la malnutrition infantile ... Depuis 1992, le Canada a versé 15,4 millions de dollars au Comité international de la Croix-Rouge et à des organisations onusiennes² (17 mai 2000).
* Déclarations de Lloyd Axworthy : 1) la problématique de la sécurité humaine trouve une résonance chez les Canadiens et reflète des valeurs auxquelles les Canadiens ont souscrit depuis longtemps (29 juin 1999) ; 2) le concept de sécurité humaine est un élément central de la politique étrangère du Canada (Canada-Regards sur le monde, numéro spécial, automne 1999, p. 3).
* Le Canada a offert 1 million de dollars d’aide humanitaire à l’Irak, qui les a refusés.
* Déclaration de Paul Heinbecker, responsable des politiques globales et de sécurité au ministère des Affaires étrangères et du commerce international : "dans les faits, la politique étrangère du Canada traite la sécurité des peuples avec le même intérêt et la même urgence que la sécurité des États² (Canada World View, printemps 2000, p. 7).
* Alors que des études récentes de l’UNICEF concluent que l’embargo contre l’Irak, auquel participe le Canada, a entraîné la mort de plus de 500 000 enfants de moins de 5 ans entre 1991 et 1998, le Canada maintient son appui aux sanctions. En même temps, il convient avec les pays du G8 de soutenir les initiatives qui prônent la protection des citoyens et la sauvegarde des droits des enfants dans les conflits armés (Cologne, Allemagne, 10 juin 1999) ; il organise conjointement avec le Ghana, les 27 et 28 avril 2000 à Accra en Guinée, la Conférence de l’Afrique de l’Ouest sur les enfants affectés par la guerre ; et il est l’hôte, en septembre 2000, de la "Conférence internationale sur les enfants affectés par la guerre" ?
En bref, sous le couvert d’un discours humaniste, le Canada ne respecte pas les conventions internationales qu’il a ratifiées, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, entrée en vigueur en 1951.
(tiré du site du Réseau québecois pour la levée des sanctions contre l’Irak, le RCLSCI ?)